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richard Poutheau

Ghislaine RICHARD et Stéphanie PROUTHEAU, chargées de recherche pour le programme « Réenchanter la cantine »

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Quand le plaisir s’invite à la table des cantines…

 

 

 

 

 

« La cantine » : le mot suffit à évoquer images et souvenirs – rieurs ou plus amers. Batailles de mie de pain, tractations pour gagner la table de celui-ci ou bouder celle-là ; repas dont on sortait affamés et adultes peu amènes : c’est avec nos souvenirs en tête que nous abordons nos défis d’adultes concernant les enfants d’aujourd’hui. 3 millions d’enfants de 6 à 11 ans déjeunent chaque jour dans les cantines scolaires du primaire. Définir le modèle alimentaire auquel on veut les éduquer mobilise élus, employés municipaux, experts et parents.

 

Ces adultes ont du reste largement accordé leur attention à la diététique et la diversité alimentaire, mais on observe que la notion de plaisir émerge parmi les nouvelles priorités: puisque la culture alimentaire française réserve une place centrale au plaisir lorsqu’il est partagé (Fischler et Masson, 2008), valoriser la recherche du plaisir de table des enfants à la cantine se comprend aisément comme une orientation culturelle des choix d’éducation alimentaire. Pourtant, lorsqu’on leur pose directement la question, les enfants de moins de 16 ans n’associent pas encore commensalité (partager la table) et plaisir (Dupuy et Poulain, 2008).

 

Ce que nous savons des plaisirs et déplaisirs de manger à table entre enfants, nous le tenons au final bien souvent des adultes.  Dans le programme Réenchanter la cantine, nous nous attachons par conséquent à identifier et comprendre les ressorts du plaisir et du bien-être des enfants. Cela suppose que nous nous intéressions à leurs interactions, à leurs mots, leurs comportements et leurs choix, qui en somme participe à produire et transmettre une culture alimentaire enfantine. A partir des valeurs souvent différentes qu’endossent les adultes concernés par les cantines (parents, élus, experts, employés et parfois les enseignants), les employés de cantines transmettent celles qui font consensus : mais sont-elles « solubles » dans la culture alimentaire enfantine ?  Pour le savoir, nous avons ouvert des terrains d’enquête en mai dernier dans les écoles du Centre et Marcel Langer à Saint-Jean (Haute-Garonne) et les écoles des Peupliers et de la Cessoie à Saint-André-lez-Lille (Nord). De septembre 2014 et juin 2015 nous y mettrons en œuvre des méthodes de recherche quantitatives et qualitatives des sciences humaines, auprès des élèves de CE2, CM1, CM2 (enfants de 8 à 11 ans).

 

Nous ferons alterner temps de recherche et temps de discussion avec les acteurs du programme, dans l’objectif d’apporter un changement particulier au mode de fonctionnement de ces cantines: une partie du dispositif d’enquête sera alors dédié à en mesurer l’impact éventuel sur la manière dont les enfants parlent de leur expérience de repas.  Ainsi, le programme Réenchanter la cantine nous permettrait de saisir les savoirs et les pratiques qui se produisent et se transmettent entre enfants à la cantine, pour tenter de mettre en lumière les fonctions éducatives et socio-culturelles des cantines scolaires du primaire dans leur spécificité française.

 

Claude Fischler, Stéphanie Proutheau, Ghislaine Richard

 

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