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Comprendre les comportements alimentaires

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Comment mangeons-nous ?

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La nostalgie de la tradition, le défi de la modernité.

Pendant longtemps, quand sont revenues la paix et la prospérité avec les « Trente Glorieuses » de l’après guerre, nous ne nous sommes pas posés de questions à l’heure des repas. Nous avons mangé ce qui nous était servi. Nous étions bienheureux de nous retrouver en famille, tous ensemble, pour le repas. Manger restait un plaisir. Nous le partagions tous les jours avec ceux que  nous aimions. Que demander de plus ?


Aujourd’hui, la question du choix

Aujourd’hui, nous mettons en question notre alimentation. Elle nous préoccupe, nous la jugeons essentielle à notre équilibre et à notre santé, et nous voulons bien faire. Ce souci est nouveau. Choisir ce que l’on mange est une liberté nouvelle, mais avec elle vient son corolaire : la responsabilité.


La révolution de la modernité

Cet après-guerre à la fois encore si proche et déjà si lointain est  un moment qui bouleverse profondément les familles et la société toute entière. Les enfants ne sont plus destinés à faire le métier de leurs pères. La promotion sociale est une donnée de la dynamique de l’époque et l’émancipation de la femme une aspiration fondamentale du temps. Elle permet à celle-ci de s’affranchir de contraintes traditionnelles et de découvrir le monde du travail et l’étendue de son indépendance. Dans cette société qui va vite, la nourriture est elle aussi en mouvement.


La naissance de l’industrie agro-alimentaire

Après la guerre, la France devient le premier exportateur agricole du vieux continent. L’industrie agro-alimentaire s’impose dans ce paysage nouveau et bouleverse nos cuisines. Dans une large mesure, cette industrie « fait » notre cuisine. On se contente, dans les familles, de plus en plus souvent, d’assembler ou de réchauffer ce qu’elle a élaboré pour nous. Grâce à cette révolution, la femme, soudain, peut être autre chose que « la mère au foyer ». Ce sentiment d’émancipation permet aux jeunes femmes de se consacrer à d’autres activités, mieux valorisées, que les seules tâches domestiques. Dans le même temps, l’industrie agro-alimentaire propose à sa clientèle un savoir faire, des recettes originales et une hygiène garantie.


Le fast food et le bien manger

C’est dans les dernières années du 20ème siècle qu’apparaissent dans l’opinion les premières réactions à l’industrialisation de l’alimentation. On veut alors renouer le lien qui nous unit, ne serait-ce que pour le temps d’un déjeuner en famille le dimanche, avec le patrimoine culinaire d’autrefois, redécouvrir le « terroir ».  On veut retrouver nos racines, les plaisirs d’autrefois. Après la vélocité industrielle et le « fast food » revoici les cocottes en fonte et l’on se promet d’y faire mijoter bientôt un bon petit plat « à l’ancienne ».

Plaisir et partage

Ainsi, malgré tous ces bouleversements récents qui marquent notre vie et notre alimentation, demeurent les notions de plaisir et de partage. Ce sont, toujours aujourd’hui, les deux éléments dominants de notre manière de manger, les deux piliers sur lesquels repose ce que nous pourrions appeler, sans craindre l’emphase, notre « culture » alimentaire. En France, nous aimons bien manger, et nous n’aimons pas manger seuls. Comme le dit le sociologue Jean-Pierre Poulain, président du Comité d’experts de la Fondation, « manger n’est pas seulement se nourrir, c’est aussi un acte social ». Même si certains jours, les plus pressés d’entre nous mangent rapidement un sandwich, nous n’oublions pas facilement, en France, ce qu’est un « vrai » repas. Et dès que l’occasion se présente, nous retrouvons ces plaisirs et ce partage. Ils restent pour nous la règle et non pas l’exception.

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