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Comprendre les comportements alimentaires

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Les Projets de recherche sélectionnés pour la période 2015-2017

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Le Comité d’experts de la Fondation Nestlé France, composé de 7 membres et présidé par Jean-Pierre Poulain, sociologue, anthropologue, s’est réuni le 1er juin 2015 afin de sélectionner les projets de recherche issus de l’Appel à projets 2015.

 

  • Nicole D’ALMEIDA, Docteur en sciences de l’information et de la communication, professeur des Universités- GRIPIC, CELSA, Université Paris Sorbonne : « A L’EAU ! L’eau, une boisson pour jeunes ? Analyse des discours et mise en scène des pratiques de consommation de l’eau de boisson »

    projet de recherche 2015

Au cours des 10 dernières années, l’eau de boisson est devenue un objet de bataille marketing, de controverses médiatiques, de discours mêlant des intérêts sanitaires, commerciaux et écologiques. Dans ce contexte, le législateur communautaire a élaboré un corpus réglementaire de plus en plus contraignant afin de contrôler les messages nutritionnels et de santé utilisés par l’industrie alimentaire à des fins marketing ainsi qu’à procurer au consommateur, l’information qui lui est nécessaire pour effectuer des choix informés.

L’eau du robinet est associée à des risques autour de l’aluminium, des nitrates, des pesticides, des résidus médicamenteux alors que l’eau minérale est sujette aux inquiétudes liées au contenant des bouteilles tels que le bisphénol, le polyéthylène, présence d’hormones, etc. Tous renvoient au choix et à la capacité de l’individu à s’informer pour bien boire.

Dans un contexte de peur et de scandales alimentaires, les discours mettent en scène des valeurs qui mobilisent l’individu dans ses convictions personnelles et son bien-être. Traditionnellement, les eaux minérales ont défendu des valeurs comme la jeunesse,la silhouette, la tradition ou l’écologie. Nouvelles venues, les eaux du robinet proposent des visions de la ville et de l’ancrage local, de la citoyenneté, du développement durable et du vivre ensemble. Les carafes de la ville de Paris sont devenues des symboles incontournables de la capitale ainsi que la gourde a fortiori transparente redevenue à la mode. Autour de ces produits se dessinent à la fois, un engagement individuel et des valeurs sociétales, un horizon de santé, mais aussi de risques ce qui contribue à l’explosion de la consommation de sodas et jus qui favorisent l’obésité notamment des jeunes.

Le premier objectif de ce projet est d’interroger la construction plurielle de l’information et de la communication autour de l’eau à boire. Nous étudierons en quoi les acteurs (industriels, institutions publiques, société civile, experts, législateur) participent à la mise en scène et la valorisation de valeurs qui vont se concrétiser autour du choix de boire et en particulier, en quoi cela peut avoir des impacts sur les jeunes. Nous nous demanderons en quoi ces discours construisent l’engagement de l’individu autour de son acte de boire de l’eau et dans quelle mesure la diffusion et mécanismes de circulation intègrent la variété des prises de parole tels que les risques, les paroles d’experts, les interventions d’association ou les rapports d’autorités sanitaires.

Le second objectif est plus pragmatique, il s’agit d’identifier les ressorts possibles de l’acte de boire auprès du public jeune afin de produire des recommandations sur les manières d’informer, communiquer et éduquer les jeunes à la consommation de l’eau.

  • Arouna OUEDRAOGO – INRA ALISS UR 1303 (Ivry sur Seine) : « Le végétarisme en France : profil social »

“Le présent projet de recherche se propose de montrer que le végétarisme ne se fonde pas sur un choix moral ; qu’il s’agit d’un fait social important qui renseigne sur les formes de symbolisation des conditions sociales. L’examen des contextes d’apparition du régime, des formes de mise en oeuvre et des pratiques associées, peut faire voir la prééminence des statuts d’emplois, des trajectoires et de la mobilité sociales, de l’appartenance de sexe et du niveau d’instruction, des contraintes particulières, liées au conseil médical ou à l’obligation religieuse, etc ; aussi en montrant la dimension éminemment sociale du végétarisme, ce projet, qui devra s’appuyer sur une recherche de caractère ethnographique, pourra montrer qu’il n’y a pas un mais plusieurs végétarismes, puis, en mettant au jour les luttes symboliques dont l’alimentation est l’objet, vise à éclairer d’un jour nouveau les logiques d’éducation à la santé, de socialisation aux cultures de l’écologie, de l’éthique de la nature et des animaux que l’idéologie végétarienne s’emploie à promouvoir dans le monde social.

  • Annick FAURION – UMR 9197 Neuro-Psi (Gif sur Yvette) : “Gut taste, obésité et chirurgie bariatrique“, NeuroBiologie Sensorielle de l’Olfaction et de la Gustation CNRS, INAF

“Dans le but de comprendre le rôle des TAS1Rs et TAS2Rs (récepteurs gustatifs) dans les changements de comportement après une chirurgie bariatrique, nous allons (1) étudier, à titre d’indicateur de la sensibilité de ces récepteurs dans le tractus digestif, les sensibilités gustatives au sel, au sucre, au L-glutamate et au PROP, au niveau du seuil de détection ainsi qu’au niveau supraliminaire chez des témoins et, chez des obèses, avant et après la chirurgie comparativement, dans trois cas : anneau, sleeve et gastric by-pass. (2) Ces données seront comparées aux paramètres cliniques et biologiques évalués chez les obèses du service hospitalier (comprenant les dosages des hormones à effet satiétogène et orexigène (GLP-1, insuline, etc.). Nous allons évaluer, par des questionnaires, (3) les changements du comportement alimentaire et aborder les aspects (4) psychologiques et culturels qui pourraient influencer ce comportement ainsi que le discours qui s’y rapporte. Nous allons également rechercher (5) une éventuelle prévalence de variants dans les récepteurs TAS1Rs et TAS2Rs différente chez les obèses comparés aux témoins ainsi qu’aux sujets en surpoids” : Annick FAURION

 

 

  • Cécile FLAHAULTLaboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (EA 4057), Institut de psychologie Université Paris Descartes : « Etude de l’influence de la “pleine conscience” sur l’impulsivité alimentaire, la motivation à l’activité physique et la perte de poids chez le patient obèse : essai contrôlé randomisé MINDOB ».

“L’obésité concerne 15% de la population, soit près de 7 millions d’individus en France. Elle est responsable d’une morbi-mortalité importante, en particulier cardiovasculaire. Plusieurs études ont montré l’efficacité de programmes d’intervention cognitivo-comportementales basées sur la pleine conscience auprès des patients obèses. Cependant ces essais manquent de puissance et d’un comparateur fiable, justifiant l’essai randomisé MINDOB. L’objectif principalde l’étude est de démontrer l’efficacité additionnelle d’une intervention basée sur la pleine conscience pour la réduction de l’impulsivité alimentaire à 6 mois, en complément de la prise en charge habituelle. Mais il s’agira également de tester l’effet de l’intervention basée sur la pleine conscience à 1, 6 et 12 mois sur : le poids, l’impulsivité alimentaire, la motiva-tion à pratiquer une activité physique, le niveau d’activité physique, le niveau de pleine conscience et d’acceptation, le niveau d’anxiété et de dépression. Déterminer les facteurs sociodémographiques qui permettent d’expliquer la participation ou le refus de participer, ainsi que d’expliquer le degré d’adhésion à l’intervention.

 

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