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Comprendre les comportements alimentaires

Projets de recherche 2016-2018

Les projets de recherche sélectionnés pour la période 2016 – 2018

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Le mardi 7 juin, le Comité d’experts de la Fondation Nestlé France s’est réuni pour sélectionner les projets de recherche issus de l’appel à projets 2016.

Jean-Pierre Poulain, président du Comité d’expert, sociologue et anthropologue accompagné de Claude Fischler, Jean-Paul Laplace, Pierre Combris, Pascal Ory, Patrick Serog et Roseline Levy-Basse ont ainsi choisi les projets de recherche suivants :

« Effet d’une perte de poids induite par une activité physique sur le contrôle cognitif de la prise alimentaire de l’adolescent obèse : rôle de l’intensité de pratique » par David Thivel (PhD, MCU) Laboratoire AME2P, Clermont Auvergne Université ; Centre Recherche en Nutrition Humaine (CRNH Auvergne) ; Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité (ONAPS) ; European Childhood Obesity Group (ECOG)

Notre comportement alimentaire, son contrôle et sa régulation, reposent à la fois sur un dialogue entre des signaux physiologiques périphériques (principalement des hormones) et notre cerveau (principalement l’hypothalamus) et sur notre activité cognitive et neuronale. Le surpoids et l’obésité se caractérisent par des altérations de ces deux systèmes.

Alors que l’activité physique a pendant longtemps été essentiellement utilisée pour ses effets sur la dépense énergétique, elle s’affirme aujourd’hui comme un modulateur important des apports énergétiques. La littérature scientifique montre en effet que l’activité physique peut agir sur les boucles de régulation et de contrôle alimentaire des sujets et donc avoir un double effet sur la balance énergétique (sur les dépenses et apports caloriques). Cet effet indirect de l’exercice et de l’activité physique apparaît aujourd’hui nécessaire à prendre en compte dans l’élaboration de stratégies de prise en charge de l’obésité, de manière à mieux en comprendre les mécanismes mais aussi à en optimiser les bénéfices.

La littérature s’est essentiellement intéressée aux effets de l’exercice physique sur le dialogue entre les hormones périphériques et l’hypothalamus et très peu de données sont disponibles sur le versant neurocognitif du contrôle alimentaire. Nous avons récemment mis en avant pour la première fois chez des adolescents, qu’un exercice physique d’intensité modérée à intense permet de réduire l’activité neurocognitive en réponse à des stimuli alimentaires chez des adolescents obèses, ceci se traduisant par une réduction de leur prise alimentaire au repas suivant (Fearnbach et al., 2015). Ceci n’est en revanche pas observé chez des adolescents normo-pondérés (Fearnbach et al., 2016).

Si ces résultats sont importants pour mieux comprendre les altérations du contrôle alimentaire chez le jeune obèse et les effets de l’exercice aigu, il semble aujourd’hui nécessaire d’identifier les potentiels effets d’une activité physique régulière sur ces boucles de régulation alimentaire (périphériques et neurocognitives) dans une optique de perte de poids.

L’objectif de ce projet soutenu par la Fondation d’Entreprise Nestlé va être de questionner les effets de programmes d’activité physique d’intensité variable sur ce contrôle périphérique et neurocognitif de la prise alimentaire de l’adolescent obèse. Ces deux voies et leurs principaux acteurs seront évalués chez 75 adolescents obèses (12-15 ans) avant et après 3 mois d’activité physique régulière. Deux programmes d’entrainement différents seront testés et comparés, l’un composé d’exercices de haute intensité et l’autre d’intensité modérée.

Ce projet devrait nous permettre de mieux comprendre les effets des programmes d’activité physique proposés aux adolescents dans une optique de perte de poids et de mieux orienter nos prescriptions pour en améliorer l’efficacité.

« A l’origine des traditions bouchères : apprentissage et savoir-faire chez les Néandertaliens dans le Sud de l’Europe » par Camille DAUJEARD, Chargée de Recherche, CNRS, UMR 7194 ; Muséum national d’Histoire naturelle ; Département de Préhistoire, Institut de Paléontologie Humaine

Ce projet de recherche a comme principal objectif de mettre en évidence l’émergence des premières traditions bouchères dans le Sud de l’Europe au Paléolithique moyen chez les Néandertaliens. A partir de l’étude de la fracturation des os longs pour la récupération de la moelle et de l’emplacement des points de percussion, il s’agira d’identifier la mise en place de savoir-faire et de transmission culturelle au sein des groupes humains. De récentes études ont permis d’identifier des traditions bouchères propres à des groupes humains du Paléolithique ancien d’Espagne. Nous souhaitons apporter de nouvelles données concernant la relation entre une alimentation en grande partie carnée et le contexte socio-culturel des groupes humains : dextérité dans le traitement des carcasses, systématisation des gestes, apprentissage des techniques bouchères, présence ou non de bouchers spécialisés et déplacements d’un groupe de même tradition bouchère au sein du territoire.

Une telle recherche, au-delà de faire avancer l’histoire des interactions entre les hommes et les animaux, permettrait de montrer que la reproduction quasi-professionnelle des gestes au moment de la découpe de la viande, autrement dit la boucherie, représenterait l’une des premières pratiques culturelles à avoir été développée par nos ancêtres, aux côtés des traditions techniques liées aux outillages en pierre. Nous questionnerons en effet l’existence de pratiques bouchères culturellement établies dès l’époque néandertalienne, autrement dit il y a plus de 200 000 ans, soit bien avant la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs et la naissance de l’agriculture et de l’élevage (- 10 000 ans).

L’un des autres aspects de ce projet consiste à comparer les pratiques bouchères traditionnelles néandertaliennes aux méthodes actuelles standardisées propres aux professionnels de la viande. Cette comparaison permettra d’aborder l’impact de la mécanisation et de l’industrialisation (prêt à découper : PAD) sur les marques laissées sur les déchets bouchers.ʺ

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