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Erik Orsenna - President des Quatriemes Assises de la Fondation

Reportage au coeur des 4èmes Assises de la Fondation – « Le plaisir du passer à table, envers et contre tout…»

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Les Quatrièmes Assises de la Fondation Nestlé France se sont tenues jeudi 24 octobre , autour du thème : “Le plaisir du passer à table, envers et contre tout…” . Au programme, débats et remise des Nids d’Or.
Découvrez les premières images !

 

 « Le plaisir du passer à table, envers et contre tout…»

 sous la présidence d’Erik Orsenna, de l’Académie française

Médiatrice : Josyane Savigneau, Le Monde

Débats et Remises des Nids d’Or – 24 octobre 2013


Consultez l’album photos de la journée

Le programme des Quatrièmes Assises de la Fondation

 Le Dossier de Presse des Quatrièmes Assises de la Fondation

« En matière d’alimentation, le plaisir est, désormais, un droit et un devoir. Droit (pour le « mangeur ») et devoir (pour ceux qui – producteurs ou analystes – se préoccupent d’alimentation) de plus en plus reconnus comme tels ».

 

Erik Orsenna, de l’Académie Française, a introduit en tant que Président des Assises, ce jeudi 24 octobre, les Quatrièmes Assises de la Fondation Nestlé France.

 

« Est-il opportun de parler de « plaisir », y compris du « plaisir de passer à table »  en des temps de crise et, à tout le moins, de grande morosité ? » Oui, justement… Sans qu’il s’agisse de « repli », dans les temps de turbulences, certaines valeurs traditionnelles ont du bon, surtout si elles sont sources de satisfactions. Du reste, pour être « traditionnelles », ces valeurs n’en sont pas pour autant désuètes, « ringardes » ou surannée. Le prouvent les résultats d’un sondage récent : 92% des 15-24 ans associent les dîners de famille à la perspective de « faire un bon repas » et seulement 16% à un rituel ennuyeux. Et, comme on le constatera avec les résultats du tout dernier sondage commandé par la Fondation à Harris Interactive, cette tendance se confirme. En matière d’alimentation, le plaisir est donc une valeur à la hausse. »

 

 L’INTERVIEW D’ERIK ORSENNA


Sur ce sujet, les approches historique, économique, neurobiologique et sociologique ont été échangées avec les invités.

 

Jean-Pierre Poulain dans son approche socio-anthropologique, a rappelé que « Les pratiques alimentaires avaient, au départ, un rapport à l’eucharistie et au dogme de la transsubstantiation, cependant dans notre société actuelle nous opérons une distanciation entre les dimensions alimentaires et religieuses », avant de mettre en avant une observation contemporaine : « Aujourd’hui le plaisir commence à prendre une place importante dans les sciences contemporaines »

 

L’INTERVIEW DE JEAN-PIERRE POULAIN


Philippe Chalmin, économiste reconnu a, quant à lui, tenté de répondre à la question « Le plaisir alimentaire, à quel coût ? ». 825 millions d’Etres Humains sur la planète souffrent de pauvreté alimentaire. Il a, ensuite, mis en avant le fait que nous perdons peu à peu notre relation aux produits agricoles, non seulement nous lissons les prix mais nous lissons également les saisons. Enfin, il affirme qu’aujourd’hui « Nous voulons des produits sains, naturels, équitables… Nous n’achetons avant que tout des services. Une image et un rêve ça n’a pas de coût mais ça a forcément un prix ».Serge Papin, PDG de Système U, l’économiste a conclu sa présentation par le constat suivant « lorsqu’on a de l’argent on préfère dépenser utile que futile ».

 

 L’INTERVIEW DE PHILIPPE CHALMIN


 

« Le plaisir est un état fondamental de l’âme, le plaisir est un état de psyché » explique Jean-Didier Vincent, Neuropsychiatre et Neurobiologiste, qui expose quant à lui une approche neurobiologique du débat. Selon lui, le plaisir, qui est ineffable et aléatoire dans ses manifestations, est le produit de notre cerveau : il accompagne le désir comme un serviteur accompagne son maître. En effet qu’il s’agisse de satisfaire un besoin primaire, de fuir la souffrance et l’ennui ou de rechercher délibérément du plaisir, les chemins qu’empruntent  ce dernier dans le cerveau reste le même. Selon Jean-Didier Vincent, la bonne santé réside en partie dans la gestion du plaisir.

 

La bonne humeur est-elle au bout de la fourchette ? S’il est de plus en plus évident que la façon dont nous mangeons agit sur notre santé, le lien avec la façon dont nous agissons est plus subtil. Pourtant, assiette et émotions semble ne faire qu’un ! Aussi, fatigue chronique, dépression, irritabilité peuvent être les résultats de la malbouffe. En s’affaiblissant, le système immunitaire ouvre la voie au mal-être physique et aux humeurs négatives. En termes d’alimentation, pour vivre en harmonie avec soi-même il faut donner, sans excès, à son corps ce qui va lui faire du bien et l’aider à fonctionner au mieux de son potentiel, « Entre plaisir et addiction, la frontière est mince, il faut donc maintenir une oscillation proche de la moyenne qui pourrait correspondre à l’état de santé » a-t-il conclut.

 

Pour Jean-Pierre Corbeau, professeur de sociologie à l’université François Rabelais de Tours qui a choisi de traiter de la peur alimentaire. Selon un système paradoxal que nos sociétés semblent exacerber, quasi tous les plaisirs liés à la table engendrent des peurs symétriques. Plaisir du rassasiement, peur du « trop ». Plaisir d’être ensemble, peur du regard de l’autre. . Plaisir de manger, peur d’être empoisonné…

 

 L’INTERVIEW DE JEAN-PIERRE CORBEAU


 

 

La question était donc de savoir si les phénomènes de crise alimentaire sont plus fréquents dans certains contextes historiques, dans certaines conditions sociologiques : la réponse est oui. Les sociologues ont montré que la plupart des communautés humaines étaient organisées autour de la production et de la consommation des ressources alimentaires. Il a été mis en évidence que, le plus souvent dans l’histoire, les crises alimentaires émergeaient dans des contextes spécifiques, par exemple, dans des contextes d’urbanisation ou de division sociale du travail. Les éléments de confiance interpersonnelle qui dominaient dans les systèmes traditionnels disparaissent au profit de relations à des organisations ou des institutions.

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Un sondage exclusif réalisé par Harris Interactive pour la Fondation Nestlé France et présenté dans le cadre de ces 4èmes Assises permet de mesurer la place et la fonction que ce plaisir occupe aujourd’hui dans la vie des Français.

Consultez la synthèse

L’INTERVIEW DE JEAN-DANIEL LEVY


Enfin, comme chaque année, les Nids d’Or ont été remis. Ces prix récompensent des initiatives qui

visent à promouvoir, particulièrement auprès de groupes sensibles, les moyens et méthodes du « manger bien pour vivre mieux ».

Découvrez les vidéos de présentation des Nids d’Or 2013

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